BONNE ANNEE A TOUS


Bonjour chers lecteurs,

Je vous souhaite une bonne année, et tous mes voeux pour que s’accomplissent vos projets.

Pour ma part, ce mois de janvier promet d’être sportif.
Vous allez pouvoir regarder ici-même mon nouveau film, « Le beau rôle », mais aussi écouter le prochain épisode de « Sur la route du rock », dédié aux Rois de la Suède (vous pouvez encore écouter les trois premiers épisodes sur le site, dans la section dédiée à cette série), les épisode du Flash impro que j’anime, et je prends la résolution de mettre plus souvent à jour cet espace, avec des critiques de BD, DVD et autres billets d’humeur.

Merci pour votre passage ici!

A bientôt.

Vincent Posé



STORYTELLING: TOUT DEVIENT POSSIBLE!


Sarkozy-Ensemble-tout-devient-possible

 

Nicolas Sarkozy l’avait promis lors de la campagne présidentielle: Ensemble, tout devient possible. Y compris, d’après l’actualité récente, d’être à Berlin le 9 novembre 1989 en compagnie d’Alain Juppé, qui, pour sa part n’y serait allé que le 16… A moins que notre Président ne soit le premier homme à avoir appliqué la théorie de la relativité sur Terre!

 

Blague à part, cette mésaventure qui n’aurait dû rester qu’un micro-événement, montre l’ampleur prise par les techniques modernes de la communication politique: le storytelling, où comment arranger la réalité en y ajoutant un peu de fiction.

 

 Cette technique, utilisée par les écrivains et scenaristes américains depuis les années 50, a été reprise par les cabinets de communication et autres spin doctors pour s’appliquer au champs économique et politique. Ainsi, les dirigeants de grandes entreprises se sont transformé en conteurs plus qu’en gestionnaires, et l’image et l’histoire de l’entreprise sont devenues les références pour les économistes (souvenez-vous de la faillitte d’Enron aux Etats-Unis).

 

En France, on parle beaucoup des aventures de Nicolas Sarkozy, notamment parce qu’il est un exemple de storytelling réussi. Rien que ce slogan de campagne « Ensemble, tout devient possible » sonne comme un appel au rêve, à la fiction. C’est déjà une proposition du Président à écrire une histoire ensemble. Sa stratégie de communication depuis des années s’apparente à un feuilleton. Chaque jour un nouveau sujet. Nicolas Sarkozy est devenu un membre à part entière de notre histoire personnelle, à chacun d’entre nous. C’est aujourd’hui le seul homme politique en France qui a réussi ce tour de force.

 

Mais il entre désormais dans une sphère inconnue… Une fois qu’il a mis en place toutes ses histoires, et à force d’en raconter chaque jour une nouvelle, comment le public va réagir? Ce n’est peut-être pas un hasard si les premières fissures dans cette stratégie apparaissent alors qu’il est à mi-mandat. Est-ce une limite du storytelling? Peut-on indéfiniment inventer et raconter de nouvelles histoires? Est-ce que le storytelling s’applique dans un temps limité? Comment celà est ressenti par le public? Pour ces questions, le cas présenté par Nicolas Sarkozy est terriblement interessant en terme d’application et de perspectives pour cette technique de communication.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille vivement la lecture du livre de Christian Salmon, Storytelling (éditions La découverte), qui synthétise parfaitement l’histoire et l’application de cette pratique, aujourd’hui en vogue et mise sous les feux de l’actualité.

 

Par ailleurs, une interview très instructive du même Christian Salmon sur le site de marianne.



MON AGENDA – NOVEMBRE


Une nouvelle catégorie de post fait son apparition ici-même. je vous propose désormais chaque mois des idées de sorties… Voici mes premières idées pour ce mois de novembre:

 

Vendredi 20 au Dimanche 22: Festival International du Documentaire Étudiant
à Commune Image, métro Mairie de Saint-Ouen.

 

Samedi 21: Concert des Plymouth Fury (with Perfect Idiots).
au Cithea – Paris 11e rue Oberkampf – 21h00
 

Jeudi 26: Concert des Kings Off Cash
au Scopitone - Paris 11e 22, Rue St Ambroise – 21h00

 

Jeudi 26 au Samedi 28: Colloque international du Groupe de Recherches et d’Études sur la Radio (GRER).
A l’INA – Paris 13  – Centre Pierre Sabbagh – 83-85, Rue de Patay

Je me réserve la possibilité d’ajouter des dates et événements assez vite!



20/10/09: LE JOURNALISME EST UN COMBAT


Bonjour à toutes et à tous,
 
Comme vous le savez peut-être, je suis journaliste au sein de la première radio de France, RTL. Je travaille pour la matinale de Vincent Parizot, en amont, l’après-midi et le soir. Je parle peu sur ce blog de cette activité mais je compte en parler un peu plus après ce que j’ai entendu hier.
Avec mes horaires de travail et ma fonction, en gros, je connais le soir-même ce qui va se passer dans la matinale. Et finalement je n’écoute que très peu les matinales de la bande fm, que ce soit RTL, Inter, Europe ou RMC… Dans le « civil », je suis plutôt branché musicales et itunes…
 
MAIS, je réécoute en général en cours de journée les chroniques et séquences importantes de ces antennes… notamment hier l’interview du porte-parole de l’UMP, Frédéric LEFEBVRE, interviewé par Jean-michel APHATIE, que vous pouvez retrouver à la fin de ce billet.
 
Le porte parole de l’UMP prend la suite de David Douillet et de Xavier Bertrand pour mener une charge bien plus violente contre le monde « politico-médiatique », qu’il affirme pêle-mêle être responsable d’une croisade contre Nicolas Sarkozy, avoir voulu faire passer Frédéric Mitterrand pour un pédophile, avoir monté l’affaire Jean Sarkozy… Et il affirme, sans aucune retenue, que l’opposition ne fait plus son travail et que désormais ce sont les médias qui la remplacent.
 
Je suis profondément choqué de ces propos, non par corporatisme mais en tant que citoyen. Ce discours est empreint de la plus grande démagogie et décrédibilise une nouvelle fois la fonction des médias. Dans une société qui manque de repères, c’est totalement suicidaire de mener de telles attaques. Est-ce que c’est en retirant sa crédibilité au journalisme que le monde politique va retrouver de sa superbe? Je ne suis pas certain que le nivellement par le bas des valeurs soit bénéfique à notre démocratie… Les gens respectent de moins en moins la politique, la justice, l’école, le journalisme… et tous ces domaines qui font le socle de notre société. Et ce n’est pas en attaquant systématiquement ceux-ci que nos dirigeants vont redonner de la confiance au peuple.
 
Mais cette analyse personnelle et globale à part, si Frédéric Lefebvre estime que les rédactions cherchent chaque matin un sujet sur lequel ils pourront tirer sur Nicolas Sarkozy, il faut également savoir que le Président de la République se retrouve obligatoirement dans les discussions de conférence de rédaction, puisqu’il communique chaque jour sur un fait nouveau, se déplace, organise des discours… Ce qui fait qu’il (et son service de communication) est toujours dans l’actualité.
 
Et il faut rappeler que la différence entre le service de presse de l’Elysée et un média, c’est que le service de presse communique, et le média informe. Et que ce n’est pas en relayant l’information de l’Elysée qu’on informe le public. Il y a là tout le travail des journalistes, qui est de mettre en perspective, de vérifier l’information qu’on nous communique, d’enquêter, de recouper les sources et les informations, puis, en fin de parcours, de donner l’information. Et les propos tenus hier par Frédéric Lefebvre, qui représente tout de même le parti qui a le pouvoir en France, renient l’essence même de notre travail, en demandant finalement à ce qu’il n’y ait plus de polémiques, ce qui revient à dire qu’il ne faut plus qu’on enquête ou qu’on mette en perspective les événements. Qu’on devienne de simples « tuyaux » entre la source (le service presse!) et le public…
 
Si c’est vraiment le projet de Frédéric Lefebvre, alors comme le dit justement Jean-michel Aphatie, c’est grave d’entendre ça de la part d’un dirigeant français. Et dans un soucis pédagogique, pour expliquer les contraintes, les choix et parfois les dérives des journalistes, je prends la décision aujourd’hui de vous narrer de temps à autre quelques épisodes de ce que peut être ma vie de journaliste. Parce qu’à ma modeste échelle, il est important de réagir à ce que j’ai entendu hier, et qui a, pour une fois, le mérite de dire tout haut ce qu’habituellement on peut entendre tout bas ça et là.
 
Vincent Posé